l’artiste et la danse

<<< De la premiere exposition aux salles de ballet

Pierre Tugal, Georges de Cuevas et Serge Lifar ont ainsi transmis à Janick le virus de la danse, même si elle présentait un terrain favorable. Avant d’acquérir les techniques de base du dessin et d’être capable de saisir la beauté d’une chorégraphie, elle était déjà fascinée par ce qu’elle appellera l’âme de la danse, cette joie simple de vivre et de se sentir libéré, ce besoin de s’exprimer en faisant parler son corps.

Au contact des merveilleux danseurs qu’elle connue alors, sa passion explosa. Passion des rythmes, des  arabesques, des figures mouvantes. La danse devint une partie essentielle de sa vie. Elle déclarait avoir eu la chance de travailler avec les plus grands corps de ballet. Avec ceux du Marquis de Cuevas et de l’Opéra de Paris, bien sûr, mais aussi avec Catherine Dunham, qui a révolutionné la conception du ballet. Et enfin de nombreuses troupes internationales qui se produisaient sur les scènes parisiennes dans les années 1960 et 1970. Elle se disait fascinée par l’énergie vitale et la richesse des couleurs avec lesquelles ils faisaient partager les folklores régionaux.

Notre artiste peintre contemporain se trouve saisie par l’obsession de fixer les tourbillons des danseurs sous les projecteurs. Plus il y a de mouvement, de couleur, de costumes, plus ça l’intéresse. Admirant particulièrement les danses slaves pour le mouvement, les danses mexicaines et latino-américaines pour la couleur, les danses dahoméennes car on y retrouve toute la violence des racines primitives. A l’autre extrémité, elle placera les accents déchirants du Pérou et l’inexorable douceur des ballets extrême-orientaux. Elle réalise deux tableaux incontournables pour sa carrière : Gisèle et Flamenco, cette dernière sera éditée en lithographie.

Avec l’irrésistible envie non seulement de célébrer l’art chorégraphique, mais aussi de faire partager, de transmettre, de porter témoignage de ces folklores, composante essentielle du patrimoine culturel de notre planète, de la frénésie joyeuse des danseurs, de l’éclat somptueux des vêtements traditionnels, de leurs ondulations, de leurs reflets.

Il lui fallait aussi laisser une trace des interprétations exceptionnelles d’oeuvres plus classiques que nous offraient des fantastiques étoiles comme Rosella Hightower, Serge Golovine, Nina Viroubova, Lisette Darsonval, Yvette Chauviré, Liane Daydé ou Roland Petit.

Elle travaillait ses croquis et sa peinture un peu lors des répétitions, mais surtout pendant le spectacle. C’était le meilleur moyen d’avoir une vue d’ensemble de la chorégraphie, indispensable pour saisir le bon geste et lui donner un dynamisme ordonné. notre artiste peintre hantait les salles plusieurs soirs de suite, à l’affût des élans, des envols, des instants fugitifs où le geste du danseur atteint son paroxysme. Elle les notait sur le vif, d’un trait rapide, avec le souci d’aller à l’essentiel. Puis, dans son atelier, elle y ajoutait quelques touches personnelles pour ravir ses oeuvres et tableaux; l’aquarelle étant, par sa fluidité, parfaitement adaptée à la danse.

C’était une sorte d’improvisation, précédée de multiples observations… Il faut toujours aller plus loin dans la légèreté, l’exactitude et la souplesse pour espérer donner corps au rêve de Mallarmé : un spectacle muet qui échappe aux définitions de l’espace et du temps et dont le prestige, impérieux pour tous, ravit les plus fiers et les plus humbles dans une commune extase. »

>>> (Suite) Les pays de Soleil

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